chanteuse chantant avec sa guitare

Il y a tout d'abord une présence et une évidence : Aless est là, sur cette scène, par ce qu'elle a à dire. Et puis elle vient nous chercher, avec simplicité, pour nous emmener dans ses univers.

Il faut alors faire le saut : accepter de se laisser entraîner par la fraîcheur de la voix et des regards, par l'enthousiasme et une sincérité de l'interprétation qui inspirent et communiquent.

Avec Aless, la chanson française s'attache à représenter le monde qu’on a sous les yeux, que l’on ne voit pourtant pas ou que l’on esquive. Ce réel-là, c’est la modernité : la ville d’abord, les voyages (vrais ou dévoyés) qui nous ouvrent au monde, les passages de frontière (vraies ou imaginaires), les conditions de travail et le rôle de la fête, l’image de l’artiste et de l’« anormalité », les douleurs de l'amour et leur résonance mythologique… Enfin pour unifier le tout : une pointe forte de mélancolie devant un monde aussi incohérent que furieusement beau.

Regard démultiplié et assumé qui joue du monde (ciel, mer, montagne, ville) dans son unité profondément diverse.

Dans les chansons d'Aless, on ne rencontre pas les lieux communs de l'amour idéalisé, mais des tranches de vie vécues comme des mythes, à moins que ce ne soient les héros de ces mythes qui viennent se perdre dans notre monde moderne (Eurydice, Don Juan…).

Dans ses chansons, Aless installe des équilibres originaux entre l'exigence des textes et l'invention des formes musicales. Son style fait éclore des possibilités vocales diverses, d'une belle amplitude. Se tissent ainsi des horizons où se détache la voix dense tenant tête au réel mais sans pour autant refuser de nous emporter aussi dans la fantaisie ; car le rêve fait aussi partie du réel.

Les musiques d'Aless évoquent des atmosphères épicées, des ambiguïtés de genres, des métissages sensibles.

On se laisse emporter dans toutes les directions du temps pour mieux mettre à l'épreuve le présent où l'on vit.